Damaged Souls
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 we can't all be heroes, but we can at least try ▽ Cheza

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Joah
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MessageSujet: we can't all be heroes, but we can at least try ▽ Cheza   Sam 10 Oct - 13:58
My timing never was wrong.
Les naseaux humides du mâle se dressent dans le vide, humant l’air autour de lui. Seul le souffle du vent et le bruissement des feuilles des arbres au-dessus de sa tête l’accompagnaient pour son voyage près de la frontière du territoire Vulcain, mais il se méfiait toujours. Constamment sur ses gardes, alerte au moindre bruit suspect et étrange provenant d’un possible intrus ou prédateur, ses yeux et oreilles vifs à réagir. Personne ne s’attendait à ce qu’un loup de son gabarit ait de tels réflexes, parce qu’ils ne voyaient que son image de manchot et maladroit au quotidien. C’était une honte et un véritable gâchis qu’ils ne voient pas le potentiel unique que le solitaire conservait précieusement pour son temps libre, lorsqu’il était sûr et certain d’être seul. 

Il attendit un bref instant, pour s’assurer que personne ne le suivait. C’était bien trop courant, ces énergumènes insouciants et surtout imprudents qui le traquaient juste pour le plaisir de le bousculer. Ou tout simplement pour montrer le phénomène qu’était le fantôme aux autres, aux nouveaux, ceux qui ne savaient pas et ne comprenaient pas. 

Après un bref moment d’hésitation, il reprit sa marche, ses coussinets se posant lentement et presque trop tendrement sur l’humus encore humide des dernières averses. Prudence est mère de sûreté. Il apprenait encore aujourd’hui de ses erreurs passées, et celle de dévoiler sa présence en mettant la patte sur une brindille sèche était fatale la plupart du temps, surtout s’il se tenait seulement à quelques lieues d’un territoire clamé par une meute. Qui à ses yeux, était de loin la plus impulsive des trois qu’il connaissait. 

Vulcains. 

C’est ainsi qu’ils se faisaient désigner. Un nom qui impressionnait déjà rien qu’en l’entendant, un nom qui ne donnait guère envie de faire connaissance avec les membres de la meute en question. Le solitaire était pourtant loin de les juger sanguinaires et sans-pitié, comme racontait un de ses compagnons de route il y a quelques semaines. C’était manger ou être mangé, après tout. Pour survivre, il était de mise de montrer ses crocs et de planter ses griffes dans ce qu’on estime être un danger pour soi-même et pour le reste de la meute. Chaque meute avait ses mœurs, et les Vulcains, quoi qu’un peu sauvages, étaient semblables aux autres. 

Disons simplement qu’ils étaient retournés à l’état le plus sauvage des loups.

Ce qui, dans une réserve, n’était pas vu d’un bon œil. Les humains devaient rencontrer des difficultés quand à essayer de diriger cette meute. Joah se demandait, de temps à autre, comment les deux-pattes allaient se débrouiller pour tenir tête aux quatre-pattes de la réserve, lorsque les temps ne seraient plus aussi paisibles qu’ils ne le sont aujourd’hui. Il n’était pas dupe, il en avait vu du monde. Il savait aussi ce qui se tramait à l’extérieur, ce qui se passait dans le monde entier. Rien ne serait plus jamais comme avant, mais il ne regrettait pas de s’être laissé piéger aussi facilement. Il n’avait rien à perdre, que ce soit ici ou ailleurs. 

Ses pensées s’évanouissaient avec les volutes de fumées qui coulaient hors de sa bouche. Les températures descendaient de manière dramatique, malheureusement. Son pelage n’était pas comme celui des loups arctiques, et la morsure du froid était bien plus douloureuse qu’il ne l’avait cru. Mais il continuait à avancer en longeant la frontière, prenant garde à ne jamais ô grand jamais dériver de son chemin et se laisser tenter pour outrepasser les limites que la meute avait imposée aux étrangers. Peu de solitaires survivaient d’un passage sur les terres des Vulcains, et lorsque c’était le cas, ils revenaient en un bien piteux état. 

Un couinement déchira le silence qui faisait bourdonner les oreilles du loup gris, qui s’arrêta aussitôt, le corps raide et immobile. 

C’était court, et ça n’avait pas duré. Il attendit patiemment quelques secondes de plus, avant de se remettre en mouvement, en rejetant la faute sur un oiseau de proie. Jusqu’à ce que le couinement ne retentisse de nouveau. Aussitôt, son corps répondit à son cerveau en bondissant au-dessus des rondins de bois qui s’étaient écroulés dans la forêt. Il se dirigeait vers les frontières mais il y avait cette petite voix dans sa tête qui le pressait d’identifier l’origine de ce couinement. Son allure étant au galop désormais, il sortit du couvert des arbres de manière pataude, ses épaules larges roulant à chacun de ses mouvements. 

Un louveteau. Ce fut la première pensée qui frappa son esprit, en apercevant au loin deux petites oreilles dressées, sur le corps d’une boule difforme dont il ne distinguait pas les contours, pas d’aussi loin. L’inquiétude qui paralysait ses membres l’empêcha de s’avancer, contemplant le petit de là ou il se trouvait. Ce dernier continuait de brailler en direction du territoire des Vulcains. Son odeur lui rappelait vaguement celle des gardiens de la meute qu’il avait croisé il y a de cela quelques mois. Sauvage et forte. Ce qui le troublait actuellement, c’était l’absence d’un adulte auprès du petit. Et aussi et surtout le fait que le petit se trouve à l’extérieur des terres de ses parents, seul et face au danger. 

Danger qui se manifesta en rampant silencieusement en direction du louveteau. 

Un éclat roux clair qui attira l’attention du loup gris, dont les pattes foulèrent l’herbe humide avec fureur, comme il se ruait en direction de la cible et du chasseur. Le renard n’était qu’à quelques pas du petit, qui semblait aveugle à la présence du prédateur. Alors que le canidé remuait son derrière pour se préparer à sauter sur sa proie et lui briser le cou avec ses canines pointues, avant de remporter son trophée jusqu’à sa tanière, Joah pila net entre les deux. Et se ramassa en beauté lorsque ses pattes s’emmêlèrent, causant au mâle de se retrouver les quatre fers en l’air. 

Le renard sembla assez surpris de son arrivée. Mais il reprit ses esprits pour souffler dans sa direction, son poil s’hérissant déjà en vue d’un combat. Lorsque le solitaire retrouva son équilibre, il n’eut d’autre choix que de répondre aux tentatives d’intimidation du chasseur en claquant sa mâchoire dans sa direction, sa queue fouettant l’air derrière lui. Heureusement pour lui, le renard ne désirait pas devoir se battre avec un adulte pour dévorer un enfant, et prit la poudre d’escampette, en filant comme une flèche. Un soupir de soulagement traversa la barrière des dents serrés du solitaire, qui se rappela de la présence du louveteau. 

Maintenant, qu’était-il censé faire avec cette boule de poils ? Il ne criait plus, mais il semblait captivé par le mouvement de la queue du mâle, qu’il essayait d’attraper avec ses pattes et ses dents. Joah lança un appel à l’aide visuel au ciel, partagé entre l’idée de déplacer le petit jusqu’à l’intérieur des terres des vulcains, ou le laisser à son sort. 
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Cheza
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MessageSujet: Re: we can't all be heroes, but we can at least try ▽ Cheza   Sam 10 Oct - 21:58

CHEZA
Nourrice Vulcain

JOAH
Solitaire Muet

we can't all be heroes, but we can at least try
Les choses étaient différentes dans les autres meutes, Cheza en était sûre et certaine. Ailleurs, les louveteaux ne défiaient pas autant l’autorité, et s’il arrivait aux nourrices de faire face à quelques fugues, ça ne devenait pas systématique comme chez les Vulcains… Pourtant, c’était bien cette meute-ci qui était la plus stricte, et où la discipline était apprise aux petits pratiquement dès leur naissance. Mais ils s’entêtaient, voulant déjà accomplir de hauts faits, tout ça pour être les ‘meilleurs’. Quand comprendraient-ils que ça ne servait à rien ? De part leur lignage vulcain, ils étaient déjà plus forts et plus combatifs que les enfants des autres clans. Et l’éducation qu’on leur donnait ne faisait que renforcer cet esprit belliqueux – très tôt, on leur enseignait les arts de la chasse et du combat, afin que chaque génération soit meilleure que la précédente. Oui, les louveteaux représentaient le futur de la meute et faisaient déjà partie, sans le savoir, de l’élite de leur espèce.

Il fallait donc les protéger, ces petites merveilles. Plus que comme des petits soldats, Cheza les voyait comme des dons du ciel, de précieux cadeaux dont il fallait prendre soin. Et elle avait peur, terriblement peur. L’un de ces présents avait disparu. Seul. Ses frères ne l’avaient même pas vu partir, et la nourrice s’en voulait de ne pas avoir été plus vigilante. Comment avait-elle pu faillir ainsi à sa tâche ? A cause d’elle, un enfant risquait de mourir.

Il faut dire qu’elle n’avait pas été aussi paniquée, au début. Elle savait que les loupiots adoraient jouer dans les marais, où ils pouvaient attraper de petites proies et tester leur courage près des mares de boue, au risque de s’y empêtrer. Elle avait donc naturellement soupçonné le fugueur de s’y être rendu, mais après avoir remué les marécages de fond en comble, elle dut se rendre à l’évidence : elle s’était trompée. Ce qui voulait dire que le petit était sérieusement en danger, et pouvait se trouver n’importe où. De plus, elle avait perdu un temps énorme et, si ce n’était pas déjà trop tard, elle avait pleinement conscience que chaque seconde était comptée.

Paniquée, mais ne perdant pas ses moyens pour autant, elle se mit à courir hors du marais, poussant de petits appels à destination du disparu. Elle n’avait aucune piste, aucune manière fiable de le retrouver. Au fond, elle n’avait aucune chance. Lui non plus. Tel était le prix de la désobéissance, et on ne répéterait jamais assez aux petits de ne pas s’égarer dans la presqu’île. Le territoire était bien trop vaste pour qu’un enfant y retrouve son chemin, il s’était certainement perdu. Les prédateurs n’auraient pas pu passer à côté de pareille occasion – le malheur des uns fait le bonheur des autres, comme on dit.

Ce fut donc en perdant tout espoir que Cheza continua ses recherches. Obnubilée par l’odeur du louveteau qu’elle tentait absolument de repérer, elle ne perçut pas les faibles, mais pourtant présentes, effluves d’un mâle qui n’avait ni terre ni famille. Elle ne sentit pas la présence du solitaire, et aurait franchement pu passer à côté s’il n’avait pas fait un boucan de tous les diables. Alertée par un bruit sourd et ce qui lui semblait être un claquement de crocs, elle se précipita vers l’origine du son, et s’arrêta en apercevant le grand loup.

Il était imposant, c’était indéniable. Bâti pour la vie à la dure. Mais ce qui attira le plus le regard de Cheza fut le louveteau qui jouait à ses pattes. Une chose était sûre : s’il avait voulu la peau du petit, il n’aurait pas attendu et l’aurait massacré depuis longtemps. Le grand soulagement de la louve eut raison de sa méfiance, et elle se rapprocha du duo dans une attitude pacifique, appelant le petit qui vint se loger entre ses pattes avec un glapissement joyeux.

Les yeux fixés sur le mâle, elle essayait de comprendre ce qu’il s’était passé. Arrivée une seconde trop tard pour voir la fuite du renard, elle ne pouvait qu’imaginer mille et une situations. Avait-il sauvé l’enfant ? En effet, le bruit qu’elle avait entendu laissait paraître qu’il s’était produit quelque chose… Quoi qu’il en soit, elle lui était reconnaissante. Au point de le laisser, lui, un vagabond, errer sur les terres des Vulcains ? Oui, assurément. Elle n’était pas comme eux, après tout, et elle ne pouvait se résoudre à le chasser après le service qu’il lui avait rendu.

La tête basse, elle tentait de lui faire comprendre, par son attitude générale, que, malgré son appartenance à la meute dominante de ces terres, elle n’avait aucune intention de lui faire quitter les lieux.

« Merci beaucoup. »

Un souffle, un murmure. C’était un bon début. Même dans l’éventualité où, en réalité, le solitaire n’avait sauvé personne, il avait au moins le mérite de n’avoir pas tué l’enfant. Et, de la part d’un mâle voyageur, c’était déjà beaucoup.

« Je me nomme Cheza. »

Hésitante, elle ne savait pas trop comment continuer. Elle avait une dette envers lui, mais ignorait comment l’honorer. Mais, en tant que voyageur, elle supposait qu’il avait beaucoup marché et qu’il devait être fatigué – surtout s’il ne pouvait jamais dormir sur ses deux oreilles, de peur d’être tué dans son sommeil par un rival. Peut-être pouvait-elle au moins lui offrir ça…

« Voulez-vous rester un moment sur ces terres ? Je ne vous chasserai pas, et je vous dois au moins ça… Notre territoire comporte beaucoup de relief, et il y a de nombreuses grottes cachées et inoccupées où vous pourriez vous reposer. »

C’était d’ailleurs là que les louves allaient mettre bas et élevaient leurs petits les premières semaines de leur existence, avant qu’ils ne soient confiés aux nourrices. Mais se diriger vers les grottes voulait dire pénétrer plus en avant dans le territoire vulcain et s’éloigner des frontières…

« … Je vous aiderai à repartir, le moment venu. »

Elle pourrait l’aider à quitter les lieux à l’insu des sentinelles… Là, ils seraient quitte.

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Joah
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MessageSujet: Re: we can't all be heroes, but we can at least try ▽ Cheza   Dim 11 Oct - 12:41
My timing never was wrong.
Les larmes du louveteau avaient formées des chemins sinueux et sales sur son pelage mixte, tout comme celui du mâle qui le surveillait désormais. C'était un spectacle bien misérable aux yeux du solitaire, qui n'avait jamais particulièrement aimé voir les lamentations des uns en personne. Surtout des enfants aussi jeunes que la boule de poils qui écrasait continuellement ses pattes en essayant de sauter pour attraper cette fois-ci ses grandes oreilles, dressées sur le haut de sa tête. Il restait sur ses gardes tout en s'assurant de faire attention au petit, parce qu'il ne pouvait pas non plus risquer sa peau pour lui. Ceci étant dit, si jamais un prédateur plus large et puissant qu'un renard se présentait à eux pour croquer le petit, le solitaire ne resterait pas de marbre ; il défendrait l'enfant quoi qu'il en coûte. Les louveteaux étaient encore innocents, à un tel âge. Ils commençaient à peine à comprendre le système hiérarchique de la meute, et se voyaient inculquer les arts d'un rôle qu'ils n'avaient pas demandés, mais qui leur seraient confiés envers et contre tout. Dieu seul sait les sacrifices qu'une meute était capable de mettre en oeuvre pour assurer la survie du groupe. Joah avait déjà vu des atrocités sans-nom sur des terres hostiles et froides, et il se rappelait qu'il avait eu l'impression d'entamer une descente aux enfers après cela.

Son museau poussa doucement la boule de poils à ses pattes, qui s'amusait sans prendre conscience de la situation délicate dans laquelle il se trouvait. 

Mais il était chanceux, du moins du point de vue du solitaire. Le petit aurait pu tombé sur certains de ses camarades qui s'avéraient moins tendres que d'autres, et qui se seraient surement fait un plaisir d'emporter l'enfant avec eux ou de déchiqueter sa peau en guise de mauvais présage et d'avertissement à la meute à laquelle appartenait le louveteau. Les solitaires avaient pour la plupart grandis en étant rejetés par-ci et par-là, par les meutes et même les hordes temporaires qui se formaient. C'était assez pour rendre le cœur et les intentions d'un individu amères. Joah ne faisait pas exception à la règle, même si son comportement actuel laissait croire qu'il portait une affection particulière au louveteau. Parce que ce dernier portait l'odeur des Vulcains sur lui et malgré le fait que le mâle tente d'ignorer cette odeur, c'était comme une tentation du diable que de l'avoir envoyé chercher cet enfant. C'était comme si le destin cherchait à le narguer en mettant sur son chemin le rejeton d'une meute qui le méprisait et le chassait dés qu'il errait trop près des frontières. Et c'était bien plus compliqué qu'il ne le croyait de baisser les yeux sur le louveteau sans désirer plonger ses crocs dans sa nuque et le faire disparaître sans laisser de trace.

Vengeance, autrement dit un désir sourd qui faisait rage dans son âme, et qu'il bridait difficilement.

Le loup gris était connu pour être seul chaque jour de sa vie, et malgré l'attitude pacifiste qu'il affichait constamment, que ce soit à l'égard des autres vagabonds ou des membres d'une meute, il ne pouvait ignorer le sentiment noir qui rongeait son cœur. Autrefois, il aurait aimé appartenir à une meute et se voir arborer un rang fièrement, exécuter les ordres du couple dominant et se faire complimenter par la suite. La vie au sein d'une meute paraissait tellement plus paisible et rassurante que celle des solitaires. On ne peut se voiler la face, être un errant de son genre était l'une des pires choses de ce monde. Parce qu'il n'y avait aucune certitude de pouvoir manger à sa faim, de trouver un refuge ou se protéger de la pluie. C'était un combat permanent jour après jour, contre les forces naturelles qui épuisaient et rendaient malsains plus d'un vagabond. Ajoutez à cela le fait de devoir repousser les meutes et la transformation était complète. Il ne suffisait pas de grand-chose pour qu'un solitaire ne devienne un être vil en quête de revanche sur n'importe qui et tout le monde. Joah réussissait encore à échapper à l'instinct primal qui lui susurrait à l'oreille de finir la vie de ce petit et également celles de ceux qui oseront croiser son chemin plus tard dans la journée, mais il savait que ce n'était pas fait pour durer. Sur le long-terme, cette folie finirait par avoir raison de lui, et il appréhendait ce qu'il deviendrait ensuite.  

Il prêtait tellement attention aux alentours, pour vérifier qu'aucun autre prédateur ne cherche à avoir sa peau et celle du louveteau, qu'il ne remarqua pas tout de suite que le poids de ce dernier avait disparu de ses pattes.

Lorsqu'il prit conscience de la fuite du louveteau, l'inquiétude re-traversa son corps tout entier, avant que ce ne soit le soulagement qui ne la remplace en apercevant une louve à quelques pas de lui, et le petit entre ses pattes. Son odeur ne le trompait pas : elle faisait partie de la meute des Vulcains. C'était une bonne chose de faite, que cet enfant soit retourné de là ou il venait. Qui plus est, contrairement aux autres individus appartenant aux terres des Vulcains, la femelle ne semblait pas agacée ou énervée de l'avoir trouvé en présence du louveteau. Ce qui voulait dire qu'il allait pouvoir repartir sans récolter au passage une cicatrice de plus. Le grand mâle s'apprêtait déjà à revenir sur ses pas et retrouver son chemin, qu'il avait décidément perdu en accourant au secours du petit, mais le murmure de la louve l'arrêta dans ses mouvements. Lorsqu'il se rendit compte qu'elle le remerciait, ses yeux s'écarquillèrent de surprise. Normalement, ce n'était pas le genre de réactions qu'il se voyait offrir dans de telles circonstances. Soit il se faisait chasser de l'endroit à coups de crocs et de pattes, soit il se faisait gronder par des énergumènes bien plus jeunes que lui, mais qui pensaient avoir le monde à leurs pieds à cause de leur appartenance à une meute.

Sa bouche définitivement close l'empêcha de lui donner son nom lorsqu'elle lui donna le sien, alors il se contenta de secouer sa large tête pour lui montrer que c'était la moindre des choses. Il ne pouvait pas laisser un innocent se voir retirer la vie de façon aussi injuste, alors qu'il n'avait encore rien vu du monde et de sa cruauté, et qu'il n'avait aucun moyen de se défendre contre son adversaire. Ses yeux prirent la taille de soucoupes comme elle reprit la parole, Cheza s'il avait bien entendu, en lui disant qu'il pouvait se réfugier sur leur territoire, et qu'elle l'aiderait à se faufiler hors des frontières une fois le moment venu. Joah voulait penser que ce n'était pas une bonne idée, mais plus il pesait le pour et le contre, et plus il se sentait hésitant à refuser. Son corps était fatigué de sa longue marche, et il n'avait pas pu prendre de repos depuis la veille. Peut-être que se reposer rien que quelques minutes sans craindre une quelconque agression l'aiderait à regagner des forces avant sa prochaine pause, s'il y en avait une bien sûr. Et puis, comme tout voyageur qui se respecte, son odeur était impossible à déchiffrer, parce qu'elle était composée des odeurs de tous les territoires de la réserve, allant des atlantes jusqu'aux shikaris.

Toujours aussi silencieux, le solitaire se décida à faire quelques pas en avant en gardant son regard rivé sur la femelle devant lui, espérant par là lui faire comprendre qu'il acceptait sa proposition. C'était avec une confiance aveugle qu'il se décidait à la suivre et accepter son marché, car elle pouvait très bien être une espionne de la meute et le ramener à ses dominants. Depuis le début, cette situation aurait très bien pu être une embuscade. Joah doutait que la meute ait osée s'en prendre à un louveteau, l'arrachant à sa mère pour juste le poser à l'extérieur du territoire Vulcain et attendre qu'il ne morde à l'hameçon. Cela n'avait aucun sens ; pourquoi chercheraient-ils à s'en prendre à lui en particulier ? Il n'était qu'un solitaire parmi tant d'autre, il n'avait rien d'extraordinaire si ce n'est son mutisme éternel.
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Cheza
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MessageSujet: Re: we can't all be heroes, but we can at least try ▽ Cheza   Dim 11 Oct - 19:07

CHEZA
Nourrice Vulcain

JOAH
Solitaire Muet

we can't all be heroes, but we can at least try
C’était étrange… Il ne présentait aucun signe de méfiance ou d’agressivité – pourtant, il ne lui répondait pas. Enfin si, il lui répondait, mais pas de la manière à laquelle elle s’attendait. A la place de s’exprimer comme tout loup sain d’esprit, il laissait son corps tout entier converser. Intriguée, Cheza pencha légèrement la tête d’un côté, comme pour mieux saisir un son qui ne venait décidément pas. Ce mutisme apparent signifiait-il qu’il les rejetait, elle et ses propositions d’aide indignes d’une Vulcaine ? Non, il avait plutôt l’air d’accepter sa suggestion, justement.

Elle sourit doucement, comme attendrie par ce personnage atypique. Mais même si elle ne le comprenait pas vraiment, elle était sûre d’une chose : il était gentil. Et elle en croisait bien trop peu, de gentils individus – blâmez son entourage vulcain. Raison de plus pour le conduire vers le petit havre de paix, subtilement caché derrière la sombre forêt de pins et les dangereux marais, qui constituait la majeure partie du territoire des grands méchants de la réserve.

Elle baissa les yeux sur la boule de poils qui se frottait à ses pattes, décidant qu’il était préférable de la ramener à la meute plutôt que de l’obliger à faire le voyage avec eux. En effet, le louveteau les ralentirait et, s’il faisait trop aller sa langue, risquait de divulguer sans le savoir la trahison de sa nourrice. Les Vulcains n’avaient que faire des dettes et de la gratitude – tout intrus devait partir ou mourir, qui qu’il soit. Cependant, Cheza avait des valeurs et des principes que même toute une vie auprès des Vulcains n’effacerait pas. Et elle avait beau respecter ses Alpha, ils pouvaient parfois faire preuve d’une bêtise monumentale…

« Je vais le ramener à ses parents. Attendez-moi ici, je reviens vite. »

Elle lui adressa un nouveau sourire aimable avant de prendre le petit entre ses dents et de faire demi-tour en direction de l’endroit où se reposaient les chasseurs. Le voyage fut, comme promis, bref et rapide : une fois encore, la nourrice n’avait pas une minute à perdre. Elle devait retrouver le solitaire avant qu’il ne change d’avis et, surtout, avant qu’un autre Vulcain ne passe par là.

De retour auprès des siens, Cheza se dépêcha de confier le petit à ses parents. Ceux-ci allaient sûrement passer le relais à une autre nourrice, mais qu’importe, au moins l’enfant serait-il en sécurité. Sans donner d’explication, la louve repartit vers l’intérieur des terres – et personne ne lui en demanda, car tant qu’elle faisait son boulot, elle n’avait pas de compte à rendre. Les nourrices étaient, après tout, assez mal vues chez les Vulcains – les traqueurs, guerriers, et tous ceux qui faisaient claquer leurs crocs à chaque occasion étaient bien plus considérés – et on s’occupait d’elles le moins possible.

Espérant ne pas l’avoir fait patienter trop longtemps, la louve retrouva le solitaire là où elle l’avait laissé. Soulagée de constater que rien de fâcheux ne s’était produit durant sa courte absence, elle l’invita à la suivre avec gaieté.

« Voilà, je pense que nous pouvons y aller. »

Sans perdre de temps, elle prit le chemin des reliefs qu’elle avait évoqués plus tôt. Elle trottait avec entrain, évitant naturellement les routes empruntées par les patrouilles. Ainsi, elle ne faisait pas trop attention à la présence d’éventuels loups, persuadée qu’ils n’en rencontreraient aucun. Et, en effet, le duo ne fit face à aucune résistance – Cheza était une guide hors pair. Elle connaissait par cœur son territoire et avait parcouru maintes fois chaque passage caché, les enseignant ainsi aux jeunes dont elle avait la garde.

C’est ainsi qu’ils parvinrent aux grottes promises, et que la louve arctique emmena le voyageur vers l’une des cavités les plus isolées. Ici, c’était certain, il ne serait pas dérangé.

« C’est ici. »

Elle se retourna vers lui, le visage illuminé d’un doux sourire bienveillant. L’espace à l’extérieur de la grotte était dégagé et peu d’arbres y poussaient, mais était peuplé de nombreux lapins et autres lièvres. Cet endroit était absolument parfait pour se refaire une santé, et ce fut avec une certaine fierté que Cheza le présenta au sauveur de louveteau.

N’ayant pas dans l’idée de le laisser seul aussi vite, elle alla s’asseoir à l’intérieur, le regard porté vers la plaine qui s’étendait au-dehors.

« Vous ne parlez pas beaucoup, hein ? »

Ce n’était nullement un reproche, mais la pauvre n’avait rien trouvé de mieux à dire, et le silence n’était pas des plus confortables. Voulant tout de même faire preuve de bonne foi – et rattraper son erreur si jamais il avait pris son innocente remarque pour une indiscrétion –, elle ajouta avec douceur :

« Ce n’est pas grave. Vous faites comme vous voulez. »

Et elle lui sourit encore, ne s’attendant plus à une réponse audible à ce stade de la conversation. Enfin, du monologue, plutôt.

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Joah
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MessageSujet: Re: we can't all be heroes, but we can at least try ▽ Cheza   Lun 12 Oct - 13:30
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Si Joah n'avait pas encore pris totalement conscience des conséquences de son acte, c'est en pénétrant avec audace au sein du territoire des Vulcains qu'elles se révélèrent à lui et à son esprit malade, comme un frisson qui n'était pas dû qu'au froid traversait son échine pour remonter jusqu'à son cou. Son odeur était trop diverse pour que les autres membres de la meute ne le reconnaisse en particulier et ne sache qu'il était un solitaire, mais ils allaient forcément se poser des questions sur cette nouvelle odeur qui flottait autour de leurs terres. Et même s'il ne la connaissait pas, le solitaire n'avait pas la moindre envie de voir la jeune louve qui l'accompagnait et qui arborait officiellement le rôle de guide devoir répondre de ses actes devant le couple dominant et souffrir d'une punition à leur imagination, une de celle qui apportera satisfaction à tous ceux qui se seraient sentis bafoués du fait qu'un vagabond ne soit entré sur leurs terres. Mais elle semblait plutôt sûre d'elle, même si son visage ne laissait rien deviner de ses intentions et de ses émotions, alors peut-être, juste peut-être, avec un peu de chance, faisait-elle partie de la sainte trinité. Celle qui était composée des alphas, de leurs enfants et des bêtas. Sa silhouette ne laissait rien deviner sur son rang exact au sein de la meute, et cela ne faisait que rendre plus confus le solitaire. S'il se fiait au louveteau qui gambadait tranquillement alors qu'il venait d'expérimenter une situation dangereuse dans laquelle il avait failli saluer la mort en personne, c'était une nourrice.

Son attention dériva sur le petit qui venait de trébucher sur une racine qui poussait hors du sol, avant de reporter ses yeux sur le dos de la femelle devant lui. 

Selon ses souvenirs et de ce que les autres solitaires lui avaient racontés à propos du système hiérarchique des meutes, les nourrices étaient en grande majorité des femelles, qui s'occupaient des petits pendant les parents remplissaient leurs devoirs pour la meute, respectivement se battre ou espionner, ou tout bêtement chasser. Selon les rumeurs, les nourrices pouvaient aussi se voir offrir le privilège de garder un œil sur la progéniture des alphas, si jamais ces derniers ne pouvaient pas s'en occuper à l'heure actuelle. Peut-être que le louveteau qu'il venait de secourir était l'un des héritiers de la meute. Non, c'était impossible. Un loup dont du sang bleu coulerait dans les veines n'échapperait pas aussi facilement au regard d'aigle d'une nourrice, qu'importe l'état physique ou mentale de cette dernière. Ces enfants portaient l'avenir de la meute sur leurs épaules après tout, ce n'est pas comme si les femelles chargés de les surveiller pouvaient se laisser aller et les laisser disparaître sans s'inquiéter. C'était en quelque sorte, des mères de remplacement. Le regard du vagabond s'assombrit en songeant à sa propre mère, celle qu'il n'avait jamais connu, celle qui l'avait abandonnée pour rejoindre sa meute sans regretter son geste.

Une âme faible, manipulée par le pouvoir écrasant d'une meute et de ses dirigeants, et qui n'avait vu aucun échappatoire à sa situation. Du moins, elle n'avait pas réfléchi assez.

Cheza, et c'était étrange pour lui que de formuler ce nom à haute voix dans son esprit, ne semblait pas se méfier de lui. Et elle avait raison, après tout, il n'était rien d'autre qu'un individu relativement apathique et atypique. Les autres solitaires disaient souvent qu'il pourrait se servir de ce masque de chair impassible pour prendre par surprise les meutes, mais il ne voyait pas l'intérêt. Tant que ces dernières ne cherchaient pas à menacer sa vie, et se contentaient de le chasser de leurs terres, quitte à cueillir des cicatrices et des blessures au passage, rien ne le poussait à lever la patte envers eux. Son sourire le déstabilisa au point ou une de ses oreilles tomba malencontreusement devant son œil droit, et il se retrouva à moitié aveugle. Personne de sain ne pouvait nourrir des soupçons à son égard. Il donnait l'impression de s'être frappé la tête contre une bûche quand il était plus jeune et de s'être vu refuser l'accès à une meute à cause de ce malheureux incident. La jeune louve lui expliqua qu'elle allait ramener l'enfant à ses parents, et il la laissa partir en trottant avec le louveteau, posant simplement son derrière sur le sol. Il ne pouvait pas lui faire confiance si vite, puisqu'il ne connaissait rien d'elle et de ses buts intérieurs mais pour l'instant, elle était aimable et ne cherchait pas à lui vouloir du mal.

Plusieurs minutes s'écoulèrent lentement, très lentement aux yeux du loup gris, qui après avoir bénéficié de la présence de Cheza à ses cotés, ressentait à nouveau la solitude.

C'était un sentiment désagréable auquel il s'était habitué au fil du temps, qui revenait par vagues régulières et qui le poussait à s'isoler encore plus des autres. Parce que s'il décidait de chercher ses congénères, il savait qu'il serait seul après et que sa joie ne durerait pas longtemps. A quoi bon se nourrir d'illusions et de mirages, alors que tout ce qui l'accompagnait dans cette vie misérable sont les ombres et les grognements hostiles ? Joah se perdait dans le courant tumultueux de ses pensées lorsque la femelle ré-apparut, et il se sentit soulagé de constater qu'elle n'avait pas manquée à sa parole. Il se remit en marche pour la suivre là ou elle l'emmenait, ne manquant pas d'examiner tout ce qui l'entourait. Il découvrait une nouvelle terre après tout, il ne pouvait s'empêcher d'être curieux de tout ce qu'il voyait. Grâce à sa coéquipière, s'il se permettait d'utiliser un tel terme, il ne fut ni attaqué ni chassé par des gardes ou des chasseurs revenant avec leurs butins. La jeune louve l'emmena jusqu'aux fameuses grottes dont elle lui avait parlée au début de leur conversation, qui n'allait que dans un sens verbalement parlant, et il étudia rapidement l'endroit pour s'assurer que ce n'était ni un piège ni une embuscade quelconque. Les Vulcains étaient réputés pour être fourbes et utiliser des stratagèmes odieux pour venir à bout de leurs ennemis, alors mieux valait être prudent. Mais Cheza, une fois de plus, n'avait pas menti : l'endroit était sauf, et lui aussi par la même occasion.

Le voyageur pencha considérablement sa large tête vers le sol, pour la remercier de son hospitalité et de sa générosité. Ce n'était décidément pas tous les jours qu'il avait le loisir de rencontrer des êtres possédant un cœur d'or dans cette réserve. Peut-être était-ce le fait d'être confiné dans un espace restreint qui poussait les meutes à s'entre-tuer et à se montrer aussi agressives envers les étrangers, il n'en savait rien. Il ne pouvait qu'imaginer des hypothèses sans savoir s'il avait raison ou tord, et les questions qui brûlaient sur ses lèvres resteraient à jamais sans réponses. Il se retrouva à nouveau pris de court par le sourire affectueux de la jeune louve. Il ne savait pas depuis combien de temps il n'avait pas vu un de ses camarades sourire de la sorte, en toute sincérité et juste pour le plaisir de sourire. A sa question, le mâle resta silencieux, ce qui confirma tout de suite la réponse qu'il pensait tout fort mais se retrouvait incapable de formuler correctement avec des mots. Il avait oublié, et c'était terriblement honteux, après toutes ces années, comment parler et parler dans un langage que ses congénères comprendraient sans avoir besoin d'un traducteur. Pourtant, il voulait désespérément faire bonne figure envers celle qui lui apportait refuge et sécurité, et qui daignait même rester avec lui pour lui porter compagnie.

Sa gueule s'ouvrit imperceptiblement, mais aucun son n'en sortit. C'est avec un soupir défaitiste et à peine audible que le loup gris s'allongea sur le sol pour permettre à ses membres ankylosés de se remettre de ses longs jours de marche. Il ne comprenait pas ce qui clochait avec lui. Dans ses souvenirs, le jour de sa naissance, il avait fait preuve d'une force extraordinaire vocalement parlant, puisqu'il avait beuglé pendant plusieurs heures dans l'espoir de voir sa mère revenir. C'était même assez ennuyant pour empêcher les prédateurs tels que les coyotes ou les belettes de s'approcher de trop près pour venir le dévorer lui et le reste de la portée s'il en y avait une. Mais aujourd'hui, voilà qu'il était incapable de formuler une seule sentence intelligible, comme s'il était vraiment idiot. Alors qu'il était en pleine possession de ses moyens et qu'il réfléchissait au sens de la vie et du monde dés qu'il en avait l'occasion. Ses oreilles se plaquèrent sur son crâne comme il cherchait à s'excuser envers la femelle assise près de lui, et qui jusque-là, avait fait preuve d'un altruisme remarquable. Elle risquait de vite s'ennuyer avec lui s'il ne parlait pas. Mais en tout cas, si elle avait besoin de parler, elle pouvait le faire sans craindre qu'il ne répète ses secrets par la suite. Tous ses secrets, les siens et ceux des autres, il les emporteraient surement avec lui dans sa tombe.
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Cheza
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MessageSujet: Re: we can't all be heroes, but we can at least try ▽ Cheza   Mar 13 Oct - 9:38

CHEZA
Nourrice Vulcain

JOAH
Solitaire Muet

we can't all be heroes, but we can at least try
Il ne semblait pas hostile au contact lupin, ni à la conversation, d’ailleurs. Il avait même l’air de s’excuser de son silence, comme s’il regrettait son absence de réponse. N’était-ce donc pas volontaire ? Cheza essaya de comprendre, remuant ses souvenirs et ses pensées pour tenter d’en tirer quelque chose de logique. Elle avait déjà vu des louveteaux malformés, qui naissaient malheureusement avec une patte tordue ou une queue manquante. Ceux-là ne vivaient pas longtemps, car les Vulcains ne faisaient pas de cadeau. Un petit inutile resterait inutile toute sa vie, alors autant ne pas s’embarrasser d’une bouche de plus à nourrir…

Mais jamais elle n’avait vu de petit sans voix. Pouvait-on naître sans voix ? Ce n’était pas parce qu’elle n’avait jamais fait face à cette situation qu’elle était impossible, et Cheza prit humblement ce manque de connaissance. Une autre hypothèse, peut-être un peu moins plausible, tournait dans un coin de sa tête : on n’aurait jamais appris au solitaire à parler. Mais c’était peu probable, car il n’aurait jamais pu survivre, seul dans la réserve, sans parents…

Quoi qu’il en soit, le loup avait beau intriguer la nourrice, elle ne le jugeait nullement comme une bête de foire. Curieuse, certes, mais pas de cette curiosité malsaine et de ce voyeurisme qui alimentaient le cœur de ses congénères les moins appréciables. Peut-être était-ce son instinct maternel qui parlait, mais elle voulait sincèrement aider le voyageur. Le voyait-elle comme une ‘pauvre petite chose fragile qui ne sait même pas encore parler’ ? Pourtant, il était tout sauf fragile…

Souriant doucement, elle décida de lui faire la causette. Car le silence qui lui faisait face était très différent de ceux auxquels elle était habituée – il était bon, doux, et pas dédaigneux comme d’ordinaire. Une chose était sûre : le mâle ne l’ignorait pas. Il l’écoutait et ne semblait pas incommodé par ses paroles ou sa présence. Voyant ça comme un encouragement, Cheza ne se fit pas prier.

« Vous savez, je ne suis pas née dans la meute. J’étais solitaire, moi aussi. »

Sans le fixer de manière impolie, la louve faisait tout de même attention à son… interlocuteur ? Il avait l’air fatigué, et elle surveillait ses paupières au cas où il s’endormirait pendant qu’elle lui racontait sa vie. Honnêtement, elle n’en serait pas indignée – au contraire ! Elle serait ravie de le bercer de sa voix.

« Les Vulcains m’ont recueillie quand j’étais encore toute petite loupiote, après le départ de mes parents. »

‘Départ’, car elle refusait de parler de mort. Ils étaient juste partis autre part et, un jour, elle irait les retrouver. Eux et tous les louveteaux morts qui lui manquaient, chacun à sa façon. Une fois encore, elle se sentit très reconnaissante envers le loup, véritable Messie qui avait épargné la vie, toute fragile, d’un petit être plein d’avenir.

« Voulez-vous que j’aille vous chasser quelque chose ? »

Après tout, si elle comptait faire l’hôtesse, autant le faire à fond ! Attraper un lapin ne serait ni long ni fatiguant, car l’endroit en regorgeait. Se levant déjà, les oreilles pointées vers le mâle, elle attendit un signe de sa part qui lui dirait quoi faire. Lui apporter à manger, ou rester avec lui : le choix était sien. Elle ne voulait pas le rendre mal à l’aise, et si son départ lui faisait craindre un retour escorté de plusieurs guerriers, alors elle resterait…

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